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Ceci est la transcription de l’interview fascinante, qui change et qui sauve le monde, de l’acteur et radiodiffuseur acclamé britannique Craig Conway en 2020 avec le biologiste australien Jeremy Griffith à propos de son livre FREEDOM: The End Of The Human Conditionqui présente la compréhension complètement rédemptrice, édifiante et guérissante du mystère et du problème central du comportement humain de notre soi-disant condition humaine accablée par “le bien et le mal”mettant ainsi fin à tous les conflits et toutes les souffrances de la vie humaine à leur source, et fournissant la feuille de route désormais urgemment nécessaire pour la réhabilitation et la transformation complètes de nos vies et du monde ! En fait, l’ancien président de l’Association des psychiatres du Canada, le professeur Harry Prosen, l’a décrite comme « l’interview la plus importante de tous les temps ».

Cette interview est l’outil ultime pour comprendre rapidementet pour partagerle travail de Jeremy Griffith.

(Visitez HumanCondition.com le site officiel de cette vidéo et tout son matériel de soutien.)

 

 

La Transcription de L’Interview suit

 

Contenu

Contenu

 

Partie 1.   La véritable explication biologique de la condition humaine qui reconnait et résout notre psychose

 

Partie 2.     Puisque cette explication de l’instinct contre l’intellect est raisonnablement évidente, pourquoi ne nous l’a-t-on pas enseignée à l’école ?

 

Partie 3.     Comment les humains avons-nous acquis notre conscience morale, nos instincts coopératifs et aimants ?

 

Partie 4.   Comment la réhabilitation psychologique du genre humain que l’arrivée de la compréhension de la condition humaine rend finalement possible se produit-elle réellement ?

 

Contexte

 

An image of Craig Conway in radio studio conducting ‘THE Interview’, alongside an image of Jeremy Griffith in Australia during ‘THE Interview’

 

À propos de Jeremy Griffith (photo à droite)

Jeremy est un biologiste australien qui a consacré sa vie à apporter une compréhension biologique pleinement responsable au dilemme de la condition humaine ; qui est le problème sous-jacent dans toute vie humaine de notre capacité à faire le bien et le mal.

Jeremy a publié six livres sur la condition humaine, dont le best-seller Australasien A Species In Denial (2003), et son traité définitif, FREEDOM: The End Of The Human Condition (2016).

Son travail a attiré l’appui de scientifiques éminents comme l’ancien président de l’Association des psychiatres du Canada Professeur Harry Prosen, le biologiste australien lauréat du prix Templeton, Professeur Charles Birch, l’ancien Président de la Société des Primates de Grande Bretagne, Dr David Chivers, le lauréat du Prix Nobel de physique Stephen Hawking, ainsi que d’autres penseurs éminents tels que Sir Laurens van der Postvoir www.humancondition.com/#commendations.

Jeremy est le fondateur et patron du World Transformation Movement (WTM)voir www.humancondition.com.

 

Jeremy Griffith presenting THE Interview with Craig Conway

 

À propos de FREEDOM: The End Of The Human Condition

(la version française de FREEDOM: The End Of The Human Condition, n’est pas encore disponible)

Front cover of ‘FREEDOM: The End Of The Human Condition’

Le livre de Jeremy, FREEDOM, sur lequel porte cette interview, présente l’explication biologique réconciliatrice et psychologiquement guérissante de notre condition humaine accablée par “le bien et le mal”. Ce faisant, il dévoile le mystère fondamental du comportement humain, mettant ainsi fin à la souffrance et aux conflits à leur sourceet fournit la feuille de route désormais urgemment nécessaire pour la transformation complète de nos vies et du monde.

FREEDOM a été lancé à la Royal Geographical Society à Londres en 2016, avec le discours introductif de Sir Bob Geldof. Il est disponible gratuitement sur www.humancondition.com, ou vous pouvez acheter des copies papier dans les librairies, y compris Amazon.

 

A propos de Craig Conway

Craig est un acteur, écrivain, producteur et réalisateur anglais de renommée internationale qui travaille dans le théâtre, la télévision et le cinéma depuis trois décennies. Sur scène, Craig a créé des projets pour des compagnies de théâtre telles que le National Theatre, la Royal Shakespeare Company, le Northern Stage Ensemble (membre fondateur) et le Contact Theatre Manchester. À l’écran, il a joué dans des films tels que Final Score avec Pierce Brosnan, The Current War avec Benedict Cumberbatch et The Courier avec Gary Oldman. Ses crédits télévisés incluent Vera, Wire In the Blood, George Gently, Our Friends In The North. Craig est membre de la Writers’Guild of Great Britain.

Ces derniers temps, Craig a développé un intérêt pour la radio et présente maintenant son propre programme sur NTRsounds dans le nord-est de l’Angleterre.

En savoir plus sur Craig sur : www.craigconwayofficial.com.

Craig a découvert pour la première fois l’explication de Jeremy de la condition humaine au début de 2019 et en a été tellement impressionné qu’il a décidé d’ouvrir un Centre WTM dans le nord-est de l’Angleterre pour le promouvoir ; voir www.WTMNorthEastEngland.com.

 

Craig Conway in radio studio conducting ‘THE Interview’

 

 

Partie 1

 

La véritable explication biologique de la condition humaine qui reconnait et résout notre psychose

 

Craig Conway: Bonjour à tous ceux qui nous écoutent. Je m’appelle Craig Conway. Bien que je sois acteur de profession, j’ai récemment été introduit à la radio où je parle à des gens du monde entier. Eh bien, aujourd’hui, j’ai un invité très, très spécial en provenance d’Australie.

L'agitation et le traumatisme de cette pandémie de coronavirus n’ont fait qu’amplifier le besoin désormais urgent dans le monde d’une solution plus profonde et durable à tout le chaos et aux souffrances de la vie humaine. Et cette solution plus profonde et durable est en fait ce que ce biologiste que je vais interviewer va nous fournir. Il le fera en expliquant et en résolvant la cause sous-jacente de toute la souffrance, que nous appelons notre condition humaine accablée par “le bien et le mal”.

Donc peu importe ce que vous faites, vous devez arrêter et écouter cette interview. En fait, je me fiche de ce que vous ferez pour le reste de votre vie, si vous le pouvez, vous devez juste écouter ceci !

L’interview se déroulera en quatre parties, chacune d’une durée moyenne de 15 minutes, ce qui n’est pas beaucoup si l’on considère que nous allons expliquer l’ensemble de la condition humaine !

C’est donc un grand privilège de vous présenter le biologiste australien Jeremy Griffith. Il est l’auteur d’un livre intitulé FREEDOM: The End Of The Human Condition, et voici mon exemplaire, que j’ai avec moi depuis un bon bout de temps et que j’emporte partout avec moi, et il y a maintenant des millions de personnes partout dans le monde qui étudient, lisent et recherchent à travers ce livre que Jeremy nous a apporté. [Craig a pris connaissance de l’explication de la condition humaine donnée par Jeremy au début de l’année 2019, et en a été tellement impressionné qu’il a créé un centre WTM dans le nord-est de l’Angleterre pour en faire la promotion ; voir www.WTMNorthEastEngland.com.]

Je suis donc ici pour dire à tout le monde que ce livre ne m’a pas seulement époustouflé, il a également impressionné le professeur Harry Prosen, ancien président de l’Association des psychiatres du Canadail est donc l’un des plus grands psychiatres du mondeet il a dit, et je cite : « Je n’ai aucun doute que l’explication biologique de la condition humaine de Jeremy Griffith est le Saint Graal du savoir que nous avons recherché pour la réhabilitation psychologique de la race humaine. C’est le livre que nous attendions, c’est le livre qui sauve le monde. » Fin de citation.

Maintenant, je pense que tous ceux qui écoutent conviendraient que « la réhabilitation psychologique de la race humaine » est exactement ce dont ce monde a besoin ! Alors attachez vos ceintures, ce sera le discours le plus intéressantet le plus passionnantque vous ayez jamais entendu.

Alors Jeremy, merci de nous avoir accorder cet entretien. Dites-nous, comment votre travail permet-il « la réhabilitation psychologique de la race humaine » et met fin à toutes les souffrances et conflits, et comme l’a dit le professeur Prosen, « sauve le monde » ?

 

Jeremy Griffith: Merci beaucoup de m’avoir invité à votre programme Craig. Trouver la compréhension de notre condition humaine psychologiquement contrariée est en fait ce que chaque être humain qui ai jamais vécu s’est dévoué à chercher et a contribué à trouver. Comme l’a dit le professeur Prosen, trouver la compréhension de la condition humaine a été « le Saint–Graal » de toute la quête de la pensée consciente de l’humanité.

Nous, les humains, avons vécu dans l’espoir absolu, dans la foi et la confiance qu’un jour, quelque part, tous les efforts de chacunmais des scientifiques en particulierproduiraient enfin la compréhension rédemptrice, édifiante et guérissante de nous-mêmes, les humains. Je sais que cela doit sembler scandaleux de prétendre que cet objectif parmi tous les objectifs a finalement été atteint, mais c’est le cas. En fait, la condition humaine est un sujet si difficile à affronter et à faire face, que je ne pourrais pas en parler aussi ouvertement et librement s’il n’avait pas été résolu.

 

Craig: D’accord Jeremy, résolvez la condition humaine pour nous, nous sommes tout ouïe !

 

Jeremy: Premièrement, je suis biologiste, et c’est important parce que je pense que tout le monde conviendra que ce dont nous avons besoin c’est une explication non abstraite, non mystique, complètement rationnelle et donc compréhensible, scientifique et biologique de nous, les humains.

Alors, comment expliquer et comprendre la condition humaine, comprendre pourquoi nous, les humains, sommes comme nous sommes, si brutalement compétitifs, égoïstes et agressifs à tel point que la vie humaine est devenue presque insupportable. En fait, comment pouvons-nous donner un sens à notre comportement de division afin d’expliquer et d’en comprendre la cause sous-jacente, de manière si complète que, comme l’a dit le professeur Prosen, l’ensemble de la race humaine est réhabilité psychologiquement et la vie de chacun est transformée ?

 

Craig: Oui, c’est ce que nous voulons ; la condition humaine enfin expliquée, réparée et guérie à jamais !

 

Jeremy: Exactement Craig. Donc, pour commencer au début, je sais que tous ceux qui nous écoutent pensenteh bien, c’est ce qu’on nous a tous appris à l’école et ce qu’on nous dit dans chaque documentaireque le comportement compétitif, égoïste et agressif des humains est dû au fait que nous avons des instincts sauvages, centrés sur le besoin de reproduire nos gènes comme les autres animaux.

 

An image of two Bighorn rams butting, with one of two Grizzly Bears fighting

 

Je veux dire que nos conversations sont saturées de cette croyance, avec des commentaires comme : “Nous sommes programmés par nos gènes pour essayer de dominer les autres et être un gagnant dans la bataille de la vie” ; et “Notre préoccupation pour la conquête sexuelle est due à notre instinct primitif de disséminer notre semence” ; et “Les hommes se comportent de manière abominable parce que leur corps est inondé de testostérone, qui les pousse à reproduire leurs gènes à tout prix” ; et “Nous voulons une grande maison parce que nous sommes intrinsèquement territoriaux” ; et “Les combats et la guerre ne sont que l’expression de notre nature animale combative profondément enracinée”et le commentaire le plus courant de tous Craig est que “C’est juste la nature humaine d’être égoïste”.

 

Craig: Oui, c’est exactement ce que j’ai compris est la raison de notre nature compétitive et agressiveparce que nous avons des instincts compétitifs brutaux, de survie du plus fort, que nous devons toujours essayer de contenir ou de civiliser ou d’essayer de contrôler du mieux que nous pouvons ; je veux dire que c’est ce que j’ai appris à l’école.

 

Jeremy: Oui, c’est ce qu’on nous a appris, mais réfléchissons-yet ce que je vais dire maintenant est très important, alors j’espère que tout le monde écoute attentivement.

Sûrement cette idée que nous avons des instincts compétitifs et agressifs brutaux, pour reproduire nos gènes, ne peut pas être la vraie raison du comportement compétitif et agressif de notre espèce parce que, après tout, les mots utilisés pour décrire notre comportement humain tels qu'égocentrique, arrogant, inspiré, déprimé, trompé, pessimiste, optimiste, artificiel, haineux, cynique, méchant, sadique, immoral, brillant, culpabilisé, malfaisant, psychotique, névrosé et aliéné, reconnaissent tous l’implication de l’esprit pleinement CONSCIENT de notre espèce. Ils démontrent qu’il y a une dimension psychologique à notre comportement, que nous ne souffrons pas d’une “condition animale” dictée par l’opportunisme génétique, mais d’une CONDITION HUMAINE basée sur la conscience et psychologiquement troublée.

 

Caveman cartoon depicting the savage instincts stereotype

Nos ancêtres singes n’étaient pas des brutes sauvages et barbares comme ils l’ont été
pendant longtemps dépeints, mais plutôt des êtres innocents, nourriciers et aimants comme le montre
ci-dessous le paléoartiste Jay H.Matternes dans le magazine Science.

 

De plus, nous, les humains, avons des instincts moraux coopératifs, altruistes et aimants, dont notre conscience en est la voix ou l’expressionqui sont le contraire d’instincts compétitifs, égoïstes et agressifs. Comme l’a dit Charles Darwin, « Le sens moral…​offre la meilleure et la plus haute distinction entre l’homme et les animaux inférieurs » [Notre traduction](The Descent of Man,1871, ch. 4). Bien sûr, pour avoir acquis ces instincts moraux coopératifs, altruistes et aimants, nos lointains ancêtres singes ont dû vivre dans la coopération, l’altruisme et l’amour, sinon comment auraient-ils pu les acquérir ? Nos ancêtres singes ne peuvent pas avoir été des brutes sauvages, maniant des massues, compétitifs et agressifs comme on nous l’a enseigné, ils ont plutôt dû vivre dans un état de coopération, d’altruisme et d’amour innocent semblable à celui dit du jardin d’Edenqui, comme j’aimerais vous expliquer plus tard dans cette interview Craig, est un état dans lequel vit actuellement l’espèce de singe bonobo, et dans lequel nous vivions autrefois, comme mis en évidence par les découvertes anthropologiques récentes. Par exemple, des anthropologues comme C. Owen Lovejoy rapportent que « Nous pouvons maintenant voir que le mutualisme coopératif définissant notre espèce s’étend bien au-delà du Pliocène le plus profond [qui est bien au-delà de 5,3 millions d’années] » [Notre traduction] (‘Reexamining Human Origins in Light of Ardipithecus ramidus’, Science, 2009, Vol.326, No.5949).

 

Large group of Bonobos

Groupe de bonobos

 

Science magazine cover featuring Ardi

« Percée de l’année » : couverture du
magazine Science de décembre 2009

Various ardipithecenes standing in natural environment

Reconstruction par Matternes de l’Ardipithecus
ramidus
(4,4 millions d’années)
dans son habitat naturel

 

Donc, dire que notre comportement compétitif et agressif provient d’instincts compétitifs et agressifs brutaux en nous n’est tout simplement pas vraicomme j’aimerais y revenir sous peu, ce n’est qu’une excuse pratique que nous avons utilisée en attendant la véritable explication de notre condition humaine compétitive et agressive, une explication qui reconnaît et résout notre psychose.

 

Craig: Wow, c’est une forte déclaration Jeremy, je veux dire que c’est un point assez important que vous faites ici. Vous dites que notre comportement compétitif et agressif n’est pas dû à des instincts qui nous poussent à reproduire nos gènes comme les autres animaux, mais qu’il est dû à une condition psychologiquement contrariée basée sur notre esprit conscient, c’est bien ça ?

 

Jeremy: Oui, notre comportement égocentrique, arrogant, méchant, vindicatif et même sadique n’a rien à voir avec le désir de reproduire nos gènes. C’était absurde. Et c’est en fait une très bonne nouvelle que notre comportement soit dû à une condition psychologique contrariée de notre esprit conscient, parce que les psychoses peuvent être guéri par la compréhension. Si notre comportement compétitif et agressif était dû au fait que nous avions des instincts sauvages alors nous serions coincés avec ce comportement programmé et inné. Cela signifierait que nous ne pourrions qu’espérer contenir et contrôler ces instincts supposés brutaux. Mais comme le comportement de division de notre espèce est dû à une psychose, ce comportement de division peut être guéri par une compréhension curative. C’est donc une très bonne nouvelle. En fait, c’est une nouvelle incroyablement excitante, parce qu’avec cette compréhension, nous pouvons enfin mettre fin à notre condition humaine psychologiquement contrariée. C’est la compréhension de nous-mêmes qu’il nous fallait pour guérir la douleur dans notre cerveau et de redevenir sains d’esprit.

 

Key Unlocking the Mind illustration by Matt Mahurin for ‘Time’, Nov. 29 1993

 

Comme je l’ai dit, l’explication des “instincts sauvages” n’était qu’une excuse commode pendant que nous cherchions la véritable explication de notre comportement de division qui adresse et résout notre psychose, ce qui est l’explication que je voudrais maintenant présenter.

 

Craig: Ok, donc ce que vous dites ici, Jeremy, c’est que nous n’avons plus besoin de l’excuse commode prétendant que nous avons une sorte d’instinct animal sauvage parce que nous avons la véritable explication de notre condition humaine psychologiquement contrariée de notre esprit conscient !

 

Jeremy: Oui, et cette explication essentielle, très importante, qui adresse et résout notre psychose est en fait très évidente.

En y réfléchissant, si un animal devait devenir pleinement conscient, comme nous humains le sommes devenus, alors le nouvel esprit conscient autogéré et basé sur la compréhension devrait sûrement remettre en question les orientations instinctives préexistantes de cet animal, n'est-ce pas ? Une bataille devait inévitablement éclater entre l’esprit conscient émergent qui cherche à comprendre le phénomène de cause à effet, et les instincts non-compréhensifs qui ont toujours contrôlé et dicté le comportement de cet animal.

 

Craig: Oui, c’est logique Jeremy, mais que s’est-il passé quand cet animal est devenu conscient et que toute sa vie s’est transformée en un désordre de tourmente psychologique ?

 

Jeremy: Eh bien, le moyen le plus simple de voir ce qui s’est passé est d’imaginer le trouble dans lequel se trouverait un animal dont la vie avait toujours été contrôlée par ses instincts et qui développerait soudainement un esprit conscient, car en faisons cela, nous verrons très vite comment cet animal va développer une condition psychologiquement contrariée, le rendant compétitif et agressif, comme celle dont nous souffrons.

Alors imaginons une cigogne : nous l’appellerons Adam. Chaque été, Adam migre instinctivement vers le nord avec les autres cigognes, le long de la côte africaine vers l’Europe pour se reproduire, comme le font certaines variétés de cigognes. Comme il n’a pas d’esprit conscient, Adam ne pense ni ne remet en question son comportement, il suit simplement ce que son instinct lui dit de faire.

 

Adam Stork Story - 1. Storks flying before Adam became conscious

 

Mais que se passerait-il si nous donnions à Adam un grand cerveau capable de penser consciemment ? Il commencera à penser par lui-même, mais nombre de ses nouvelles idées ne seront pas en accord avec ses instincts. Par exemple, en migrant vers le nord avec les autres cigognes, Adam remarque une île pleine de pommiers. Il prend alors la décision consciente de se détourner de son chemin migratoire et d’explorer l’île. C’est sa première grande expérience d’autogestion.

 

Adam Stork Story - 2. Storks flying as Adam becomes conscious
Adam Stork Story - 3. Conscious Adam sees an island

 

The Story of Adam Stork - 4. Disobedient Adam

Drawings by Jeremy Griffith © 1991-2016 Fedmex Pty Ltd

 

Mais lorsque les instincts d’Adam se rendent compte qu’il s’est écarté de sa trajectoire, ils vont critiquer son comportement déprogrammé et essayer de le ramener dogmatiquement sur sa trajectoire de vol instinctive, n’est-ce pas ! En effet, ils vont le condamner comme étant mauvais.

 

Adam Stork Story - 5. Conscious Adam gets criticised

 

Imaginez la tourmente qu’Adam va vivre : il ne peut plus se contenter de suivre ses instincts. Ses orientations instinctives à la trajectoire de vol migratoire ont été acquises au cours de milliers de générations de sélection naturelle, mais ces orientations ne sont pas des compréhensions, et comme son esprit conscient a besoin de comprendre, ce qu’il ne peut obtenir qu’à travers l’expérimentation, inévitablement une guerre va éclater entre ses instincts et son intellect.

Idéalement, à ce stade, l’esprit conscient d’Adam s’assoirait et expliquerait à ses instincts pourquoi il les défie. Il expliquerait que le processus de sélection naturelle basé sur les gènes ne donne aux espèces que des orientations instinctives au monde, alors que son esprit conscient, basé sur les nerfs, est capable de comprendre la relation de cause à effet, et a besoin de comprendre le monde pour fonctionner.

 

Adam Stork Story - 6. Conscious Adam’s talk with his instincts

 

Mais Adam n’a pas cette compréhension de soi. Il ne fait que commencer sa recherche de connaissance. En fait, il n’est même pas conscient de la nature du problème. Il a simplement commencé à se sentir mauvais, voire malfaisant.

 

Craig: D’accord, donc ce que vous dites, c’est qu’une guerre a éclaté entre son esprit conscient et ses instincts, qu’il ne peut pas expliquer, et qui l’induit à se sentir mal ou qu’il est mauvais d’une certaine manière, voire malfaisant. Que se passe-t-il alors ?

 

Jeremy: Eh bien, tragiquement, en cherchant à comprendre le monde, nous pouvons voir que trois choses vont inévitablement se produire. Adam va riposter défensivement contre la critique implicite de ses instincts ; il va chercher désespérément tout renforcement qu’il peut trouver pour se soulager de ses sentiments négatifs ; et il va essayer de nier la critique et de la bloquer hors de son esprit. Il est devenu colérique, égocentrique et aliénéce qui est l’état psychologiquement contrarié que nous appelons la condition humaine, parce que c’est nous, les humains, qui avons développé un esprit conscient et sommes devenus psychologiquement contrarié (Et “contrarié” est le mot qui convient à notre condition parce que, même si nous ne sommes pas “mauvais’’ ou “méchants”, nous sommes définitivement psychologiquement “contrariés” d’avoir dû participer à la recherche héroïque de connaissance. Les termes “ corrompu” et “ déchu” ont été utilisé pour décrire notre condition, mais ils ont des connotations négatives que nous pouvons maintenant apprécier comme non méritées, donc “contrarié” est un meilleur mot.)

Ainsi, l’intellect ou “l’ego” d’Adam (ego étant juste un autre mot pour l’intellect puisque le Concise Oxford Dictionary définit « ego » comme « le moi conscient » [Notre traduction] (5e edn, 1964)) est donc devenu “centré” ou concentré sur le besoin de se justifierAdam est devenu égocentrique, égoïstement préoccupé et en concurrence agressive pour des occasions de prouver qu’il est bon et pas mauvais, pour renforcer son estime de soi, pour obtenir une “victoire” ; pour essentiellement obtenir tout renforcement positif qui lui apporterait un certain soulagement de la critique de ses instincts. Il est inévitablement devenu préoccupé par lui-même ou égoïste, agressif et compétitif.

 

Angry red Adam Stork

 

Ainsi, notre comportement égoïste, compétitif et agressif n’est donc pas dû à des instincts sauvages mais à un état ou une condition psychologiquement contrariée.

Essentiellement, avoir a souffrir de troubles psychologiques était le prix que nous, les humains conscients, devions payer pour notre recherche héroïque de compréhension du monde. Dans les mots de la chanson “La Quête” de la comédie musicale “Don Quixote”, nous devions être prêts à « marcher en enfer pour une cause divine » [Notre traduction] (ou encore « Se damner pour l’or d’un mot d’amour » dans la traduction de Jacques Brel, 1968). Nous avons dû nous perdre pour nous retrouver ; nous avons dû souffrir de devenir colériques, aliénés et égocentriques jusqu’à ce que nous trouvions suffisamment de connaissance pour nous expliquer.

 

Craig: Wow Jeremy, je veux dire que c’est tout simplement fascinant. Donc la cigogne Adamnous les humainsavons développé un esprit conscient qui a inévitablement commencé à se battre avec nos instincts, une guerre bouleversante qui ne pouvait se terminer que lorsque nous pouvions expliquer et comprendre pourquoi nous devions défier nos instincts, ce qui est la compréhension que vous venez de fournir, Oui ?

 

Jeremy: Exactement, rappelez-vous qu’Adam la cigogne est devenu défensif, colérique, égocentrique et aliéné parce qu’il ne pouvait pas expliquer pourquoi il défiait ses instincts, alors maintenant que nous pouvons expliquer pourquoi, ces comportements défensifs ne sont plus nécessaires et peuvent cesser !

C’est essentiellement tout ce qu’il y a à expliquer, c’est l’explication biologique de la condition humaine qui, comme l’a dit le professeur Prosen, entraîne « la réhabilitation psychologique de la race humaine » ! Un vaccin contre ce terrible virus serait bien, mais infiniment plus précieux et nécessaire est un vaccin pour la condition humaine, un remède pour celle-ci, et c’est ce qui vient d’être présenté.

 

Adam Stork - from living with the trauma of the human condition to living free of it

 

 

Craig: C’est une histoire si simple mais si profonde dans ses ramificationsje veux dire qu’elle change le monde parce qu’elle permet vraiment « la réhabilitation psychologique de la race humaine » ! C’est tout simplement merveilleux.

Ok, je parle avec le biologiste australien Jeremy Griffith.

 

 

Partie 2

 

Puisque cette explication de l’instinct contre l’intellect est raisonnablement évidente, pourquoi ne nous l'a-t-on pas enseignée à l’école ?

 

Craig: Bonjour, je m’appelle Craig Conway et je parle avec le biologiste australien Jeremy Griffith de la façon dont nous pouvons mettre fin à tous les troubles et traumatismes dans le monde en expliquant et en comprenant la condition humainece qui est l’explication du conflit entre l’instinct et l’intellect que Jeremy vient de nous donner dans la première partie de cette interview.

J’ai quelques questions Jeremy. Premièrement, bien qu’il semble évident que lorsque nous sommes devenus conscients, une bataille psychologiquement contrariante  a dû éclater avec nos instincts dictatoriaux ; mais si c’est si évident, pourquoi ne nous l’a-t-on pas enseigné à l’école ? Et deuxièmement, comment nos ancêtres singes semblables aux bonobos ont-ils pu devenir coopératifs et aimants, ce qui, comme vous l’avez dit, doit être à l’origine de notre conscience morale instinctive qui, selon Darwin, nous distingue des autres animaux ? Et ma troisième question est : comment se déroule réellement « la réhabilitation psychologique de la race humaine » décrite par le professeur Prosen ? Je veux dire, devons-nous tous aller en thérapie ou quelque chose comme ça ?

Au fait, je tiens également à mentionner que, puisqu’il y a de nombreux concepts nouveaux et très intéressants à appréhender, Jeremy a dit qu’il mettrait la vidéo et la transcription de cette interview à disposition en haut du site Web qui promeut cette compréhension de la condition humaine, qui est le site web du World Transformation Movement à HumanCondition.com. Désormais cette interview sera disponible sous forme de vidéo, et la transcription sous forme de petit livre gratuit, donc vous pourrez réécouter ou relire l’interview là-bas, car, comme je l’ai dit, avec ce vaste sujet de la condition humaine, il y a beaucoup de choses à saisir et sur lesquelles méditer.

 

Jeremy: D’accord, ce sont de très bonnes questions Craig.

Donc, commençons par votre première question, qui est que si cette explication de l’instinct contre l’intellect est si évidente, pourquoi ne nous l’a-t-on pas enseignée à l’école ?

La réponse est que, bien qu’il ait été reconnumême depuis les temps anciens– que l’émergence de notre esprit conscient nous a en quelque sorte fait “tomber en disgrâce”, ou quelle que soit la manière dont vous voulez décrire la corruption de notre état d’origine innocent, coopératif, altruiste et aimant guidé par nos instincts : ce n’est que lorsque la science a révélé la différence entre les systèmes d’apprentissage basés sur les gènes et ceux basé sur les nerfs–c’est-à-dire que les gènes peuvent s’orienter mais que les nerfs ont besoin de comprendreque nous avons finalement été en mesure d’expliquer la bonne raison de notre condition humaine colérique, égocentrique et aliénée.

L’histoire biblique d’Adam et Eve dans le jardin d’Eden que Moïse a écrit il y a si longtemps, vers 1,500 avant J.-C., décrit en fait parfaitement la bataille psychologiquement contrariante qui a émergé entre nos instincts et notre intellect conscient. Elle dit qu’Adam et Eve/​nous, les humains ont pris le « fruit » (Genèse 3:3) « de l’arbre de la connaissance » (Genèse 2:9, 17) et ont été « désobéissants » (le terme utilisé largement dans les descriptions de Gen. 3). En d’autres termes, nous avons développé un esprit conscient et un libre arbitre. Mais dans cette histoire pré-scientifique il est dit qu’Adam et Eve sont ensuite devenus « mauvais » (Genèse 3:22) les auteurs de « péché » (Genèse 4:7) parce qu’ils sont devenus colériques, égocentriques et aliénés, et par conséquence Moïse a dit qu’ils furent « bannis… du jardin d’Eden » (Genèse 3:23), de leur état d’innocence coopérative et aimante.

 

Painting of Adam and Eve by Lucas Cranach the Elder

Adam and Eve,
de Lucas Cranach l’Ancien (1526)

Lithograph of Adam and Eve being cast out of Paradise, c.1880

Adam and Eve chassés du Paradis, de Ancien Testament, publ.
Society for Promoting Christian Knowledge, Londres (c.1880)

 

Vous voyez, ne sachant pas en quoi les instincts naturellement sélectionnés diffèrent de la conscience cherchant à comprendre les relations de causes à effets, cette histoire d’Adam et Eve devenant conscients ne pouvait que conclure que la condition colérique, égocentrique et aliénée qui a émergé lorsque nous sommes devenus conscients était un état mauvais, malfaisant et pécheur, mais cette présentation scientifique dit : “Non, non, cette histoire s’est trompée”. En fait, Adam et Eve ne sont pas seulement bons, mais les héros de toute l’histoire de la vie sur Terreparce que l’esprit conscient est indubitablement la plus grande invention de la nature et se voir confier la tâche de rechercher la compréhension de tout alors que le monde entier vous condamne, était la tâche la plus difficile et la plus arduecar cette condamnation était universelle. Toutes les autres cigognes innocentes condamnent la recherche de connaissance, et puisque toute la naturela pluie, les nuages, les arbres et les autres animauxsont associés à nos instincts originels qui nous condamnaient, le monde entier, en fait, s’est ligué contre Adam et Eve –c’est-à-dire nous les humainset pourtant nous étions tout le temps bons et pas mauvais, mais nous ne pouvions pas expliquer pourquoi, mais maintenant enfin grâce au bénéfice de la science, nous le pouvons.

 

Craig: Oui, je n’avais pas réalisé cela, mais c’est vrai, je veux dire qu’Adam et Eve prenant le fruit de l’arbre de la connaissance est une métaphore pour devenir conscient, et ensuite ils ont été jetés hors du jardin d’Eden de l’innocence originelle parce qu’il semblait qu’ils étaient mauvais pour cela, mais maintenant, heureusement, nous pouvons expliquer qu’ils, nous les humains, n’étions pas mauvais du tout ; en fait, nous sommes les héros de l’histoire de la vie sur Terre !

 

Jeremy: C’est vrai, nous pouvons maintenant expliquer et comprendre que nous, les humains conscients, sommes d’immenses héros, et non des méchants après tout. Quel soulagement !

 

American journalist and educator, Richard Heinberg giving a public presentation

Richard Heinberg (1950– )

Richard Heinberg’s book ‘Memories and Visions of Paradise’

 

Et en ce qui concerne la reconnaissance du conflit tourmentant entre nos instincts moraux et notre intellect conscient, l’histoire biblique d’Adam et Eve est loin d’être la seule reconnaissance de celui-ci depuis les temps anciens. En effet, comme l’a résumé le chercheur Richard Heinberg dans son livre de 1990 intitulé Memories & Visions of Paradise (les soulignements sont l’emphase de Jeremy), « Toute religion commence par la reconnaissance du fait que la conscience humaine a été séparée de la Source divine, qu’un ancien sentiment d’unité... a été perdu… partout dans la religion et les mythes, il y a une reconnaissance que nous nous sommes éloignés d’une… innocence originelle et que nous ne pouvons y revenir que par la résolution d’une profonde discorde intérieure… la cause de la Chute est décrite de diverses manières comme la désobéissance, comme la consommation d’un fruit défendu [de l’arbre de la connaissance], et comme l’amnésie spirituelle [l’oubli, le blocage, le déni, l’aliénation, qui est notre psychose] » [Notre traduction] (pp. 81-82 de 282). Ainsi, toutes nos religions et la plupart de nos mythologies ont reconnu le conflit fondamental qui existe en nousque l’émergence de la « conscience » a causé notre « chute » de « l’innocence ».

 

Detail of a mosaic by Monnus of Hesiod, 3rd century; in the Rhenish State Museum, Trier, Ger.

Hesiod, de la mosaïque Monnus, c.200

Cover of Hesiod’s Theogeny and Works and Days

 

Il y a environ 800 ans avant J.-C., le poète grec Hésiode a écrit sur le temps préconscient de notre espèce ou nous vivions en coopération et avec amour dans son poème épique Les Travaux et les Jours : « Quand les dieux et les mortels sont nés / Une race d’or, les immortels sur terre se sont formés…Comme des dieux ils vivaient, avec un esprit calme et serein/ Libres des peines et de l’angoisse de notre espèce / La vieillesse misérable sur eux ne pesait pas…Etrangers à la maladie, leur vie en festins coulait à flots…Mourant, ils sombrait dans le sommeil, et ne semblaient pas mourir / Tous les biens étaient à eux ; le sol fécond produisait de lui-même une abondante et généreuse récolte ; le travail leur était inconnu / Ils avaient des bien abondants au milieu de terres tranquilles / Tous spontanément partageaient la cueillette de leurs mains » [Notre traduction] (The Remains of Hesiod the Ascræan, tr CA Elton, pp. 17-18). Alors oui, ils n’avaient pas un esprit conscient troublé, et ils vivaient une vie de partage et de douceur.

 

Craig: Oui, j’ai entendu parler de l’idée d’une “race d’or”, mais je ne savais pas vraiment d’où cela venait. Donc ce que vous dites, Jeremy, c’est que nos lointains ancêtres avaient un « esprit calme et tranquille » pas encore de condition humaine !

 

Jeremy: Oui, c’est exact, en 360 avant J.C., le compatriote grec d’Hésiode, Platon, a donné cette description très similaire du temps préconscient de notre espèce dans un état d’innocence. Il a écrit : « [qu’il fut un temps où on...] contemplaient le plus beau spectacle, [et l’on était] initiés à des mystères qu’il est permis d’appeler les plus saints de tous, et que nous célébrions véritablement quand, jouissant encore de toutes nos perfections et ignorant les maux de l’avenir, nous admirions ces beaux objets parfait, simples, pleins de béatitude et de calme, qui se déroulaient à nos yeux au sein de la plus pur lumière, non moins purs nous-même, et libre encore de ce tombeau qu’on appelle le corps, et que nous trainons avec nous comme l’huitre traine la prison qui l’enveloppe » (Phèdre ; traduit par V. Cousin, 1822).

 

Triptych showing marble bust of Plato and the covers of his books Phaedrus and The Statesman

Plato, c.428–348 BC ; Phaedrus ; Le Politique

 

Platon a également donné cette autre description de “l’âge d’or” innocent dans le passé préconscient de notre espèce, écrivant d’un temps où nous vivions une « vie béni et spontanée... et qu’il n’y avait ni violence, ni dévoration de l’autre, et qu’il n’y avait ni guerre ni querelle… En ce temps-là, Dieu lui-même était leur berger, et les gouvernait [en d’autres termes, notre moi instinctif originel était orienté à suivre des idéaux coopératifs et d’amour]...» « Sous sa gouverne, il n’y avait ni Etats ni possession de femmes et d’enfants ; car c’est du sein de la terre que tous remontaient à la vie, sans garder aucun souvenir de leur passé [en d’autres termes, nous avons vécu dans un état préconscient]. Et...ils avaient à profusion des fruits que leur donnaient les arbres et autres plantes, fruits qui poussaient sans culture et que la terre produisait d’elle-même. Ils vivaient la plupart du temps en plein air sans habit et sans lit ; car les saisons étaient si bien tempérées qu’ils n’en souffraient aucune incommodité et ils trouvaient des lits moelleux dans l’épais gazon qui sortait de la terre. » [Notre traduction] (The Statesman, c.350 BC.; tr. B. Jowett, 1871, 271-272).

Le fait est qu’Hésiode et Platon, comme Moïse, vivaient à une époque où la science devait encore être développé, de sorte qu’ils n’étaient pas en mesure de fournir la bonne raison–basée sur le fait que les instincts ne peuvent qu’orienter mais que seuls les nerfs peuvent comprendre–expliquant POURQUOI nous nous somme éloignés de l’innocence et sommes apparemment devenus malfaisants, de mauvaises personnes.

 

Craig: Oui, parce qu’il n’y avait pas de science à l’époque.

 

Jeremy: Justement, ce n’est qu’au cours des 150 dernières années environ que la science nous a donné A : la capacité de savoir que le processus de sélection naturelle basé sur les gènes donne des orientations aux espèces dans le monde ; et B : la connaissance des nerfs et de leur capacité à se souvenir d’événements, qui, lorsque très développé, a permis à notre esprit de comprendre suffisamment la relation entre cause et effet pour devenir conscient ou intelligent de ces relations. Cette explication n’était donc disponible qu'au cours des dernières 150 années, mais comme l’étude fossile de nos ancêtres suggèrent que notre grand cerveau pensant, pleinement conscient et doté d’un cortex d’association est apparu il y a environ 2 millions d’années, cela signifie que pendant la quasi-totalité des 2 millions années où nous avons été conscient, nous n’avons pas pu expliquer et comprendre pourquoi nous avons corrompu notre âme ou nos instincts innocents d’origine. Et sans cette explication rédemptrice, la seule façon de faire face à la culpabilité astronomique d’avoir détruit “Eden”, a été de nier que nous n’ayons jamais vécu dans un état innocent coopératif et aimantet c’est exactement là que l’excuse des instincts agressifs comme les autres animaux est venue à notre secours.

Et, fausse comme elle est, cette excuse a été absolument brillante car au lieu que nos instincts soient perçus comme tout-aimants et donc insupportablement accusateurs de notre état actuel non-affectueux, ils sont perçus comme des instincts vicieux et brutaux qui veulent reproduire nos gènes comme ceux d’autres animaux ; et, au lieu que notre esprit conscient défiant nos instincts soit perçu comme la cause de notre corruption, il a été présenté comme le “héros” médiateur qui devait intervenir pour essayer de contrôler ces supposés instincts vicieux en nous ! Et ceux qui ont osé admettre la vérité de notre passé coopératif et aimant, comme Hésiode et Platon, ont été rejetés comme des romantiques trompés, et l’idée même d’un passé innocent et édénique a été congédiée comme rien d’autre qu’une nostalgie pour la sécurité et la chaleur maternelle de l’enfance, et qu’il ne s’agissait « jamais d’un état historique » comme le disait le psychologue jungien Erich Neumann dans son livre The Origins and History of Consciousness [Notre traduction] (1949, p. 15 de 493).

 

Erich Neumann

Erich Neumann (1905–1960)

Cover of Erich Neumann’s book ‘The Origins and History of Consciousness’

 

Craig: Oui, et nous ne pouvions pas faire face à la vérité que nous avions tourné l’utopie en dystopie, en un lieu terrible de conflit et de souffrance, oui ?

 

Jeremy: Oui, c’est vrai Craig, et je dois souligner que bien que la plupart des penseurs contemporains se sont accrochés à l’excuse de l’instinct sauvage pour justifier notre comportement de division, il y en a eu certains qui, comme les anciens penseurs, ont reconnu avec vérité les éléments de l’instinct contre l’intellect impliqués dans la production de la condition humaine. Eugène Marais, Paul MacLean et Arthur Koestler sont quelques-uns qui me viennent à l’esprit.

 

A selection of science books based upon the ‘savage instincts’ excuse for human behaviour

Certains des nombreux livres scientifiques qui rendent compte du
comportement humain en utilisant l’excuse des faux “instincts sauvages”

 

Eugene Marais, Paul Maclean, Arthur Koestler beside covers of their books

Eugène Marais (1871–1936), Paul MacLean (1913–2007) et Arthur Koestler (1905–1983)

 

Mais alors que tous les penseurs contemporains ont bénéficié du fait que la science a révélé la différence entre les systèmes d’apprentissage des gènes et des nerfs, et ont donc eu les moyens d’expliquer honnêtement la condition humaine, ceux qui ont reconnu les éléments élémentaires de l’instinct par rapport à l’intellect n’ont pas poussé leur réflexion assez loin pour expliquer réellement la condition humaine. Et ceux qui se sont attachés à l’excuse des faux instincts sauvagesqui est la grande majorité des scientifiquesn’ont évidemment pas pensé honnêtement, de sorte qu’ils ne pouvaient donc pas espérer expliquer la condition humaine. C’est pourquoi il a fallu la réflexion véridique du philosophe sud-africain prééminent Sir Laurens van der Post, et à sa suite, moi-même, pour enfin présenter l’explication complète et véridique de la condition humaine.

 

Craig: D’accord. Et Jeremy, je suppose que les gens peuvent en lire plus sur les penseurs contemporains qui ont reconnu les éléments de l’instinct contre l’intellect impliqués dans la condition humaine, et ceux qui se sont accrochés à l’excuse des instincts sauvages, sur le site web du World Transformation Movement : HumanCondition.com ?

 

Portrait of Sir Laurens van der Post in army uniform
Cover of Sir Laurens van der Post’s book ‘The Lost World Of The Kalahari’

Le livre le plus célèbre de Sir Laurens van der Post (1906–1996) (à gauche) est Le monde perdu du Kalahari
(The Lost World of the Kalahari) à propos du peuple relativement innocent Bochimans ou San du désert du
Kalahari. Son titre peut être interprété comme « Le monde perdu de notre âme ».

 

Jeremy: Oui, ils le peuvent, en particulier dans la quatrième vidéo en haut de la page d’accueil.

De plus, la manière dont Sir Laurens van der Post et moi avons réussi à aborder et à résoudre la condition humaine est décrite dans mon livre de 2020 How Laurens van der Post Saved The World, qui est également disponible gratuitement sur ce site. En gros, ce qui est expliqué dans ce livre est que puisque chacun a un degré d’exposition différent à la bataille psychologiquement contrariante de la recherche de connaissance, il y en aurait toujours quelques–uns qui ont eu la chance, dans leur enfance et jeunesse, d’échapper aux effets colériques, d’égocentrisme et d’aliénation de cette bataille agonisante, et ce sont ces quelques personnes qui ont pu se pencher sur la condition humaine sans y être trop confrontés–et Sir Laurens et moi avons été deux de ces personnes extrêmement fortunées, avec une capacité de penser sans déni, ce qui nous a permis de trouver la compréhension de la condition humaine.

Je devrais également dire que, bien qu’il y ait un soutien croissant pour cette compréhension désormais absolument indispensable de la condition humaine, le courant scientifique dominant ne l’a pas encore reconnue et soutenuemais c’est ce qui se passe avec les avancées scientifiques qui changent de paradigme. Quand le physicien Max Planck dit « La science progresse de funérailles à funérailles » [Notre traduction] (Marilyn Référence Ferguson à un commentaire par Planck dans son Scientific Autobiography, 1948, New Age mag août. 1982 ; voir www.wtmsources.com/174), il reconnaissait à quel point chaque génération de scientifiques s’attache à la façon de penser avec laquelle ils ont grandi, et donc à quel point la science dans son ensemble est lente à évoluer vers un nouveau paradigme de compréhension. Et le dramaturge George Bernard Shaw a également averti contre la difficulté d’introduire un nouveau paradigme de penséeen particulier un paradigme qui ose affronter le sujet historiquement insupportablement confrontant et interdit de la condition humainelorsqu’il a déclaré que « Toutes les grandes vérités commencent comme blasphèmes » [Notre traduction] (Annajanska, 1919). Alors oui, confronter la condition humaine alors que tout le monde vit dans le déni et la peur de ce sujet, même si elle a finalement été expliqué et qu’il est possible d’y faire face en toute sécurité, représente le plus grand de tous les « blasphèmes ».

 

Craig: Ouais, je comprends parfaitement. Je veux dire, d’après mon expérience limitée, Jeremy, je sais combien il est difficile d’amener les gens à changer leur façon de penser. Mais votre point fondamental est que la découverte par la science du fonctionnement des gènes et des nerfs a finalement rendu possible la libération de l’humanité de l’horreur de la condition humaine.

 

Jeremy: Oui, c’est la vérité essentielle : la science est le libérateur, le soi-disant “messie” ou “rédempteur” de l’humanité, comme nous l’avons toujours espéré !

 

Craig: Et tout cela arrive juste à temps, Jeremy, car je ne pense pas que le monde puisse faire face à un comportement plus contrarié de la part des humainsmais bien sûr, nous avons encore besoin que la communauté scientifique rallie et soutienne cette compréhension.

 

Jeremy: Absolument. Alors que nous avons dû vivre dans le déni de notre état corrompu, psychologiquement contrarié, sans pouvoir l’expliquer, la vérité est que sur le diagramme mesurant des niveaux de comportement contrarié chez les humains, ces niveaux, en particulier de psychose et d’aliénation, ont augmenté si rapidement ces derniers temps que la ligne suivant leur augmentation est presque verticale, avec le montant de comportement contrariés doublant maintenant avec chaque nouvelle génération ! Freedom Essay 55 & 59 sur le site web du World Transformation Mouvement décrit cette menace terrifiante de phase terminale de psychose. Essentiellement, nous avions pratiquement perdu la course entre l’autodestruction et la compréhension de soi.

 

Graph showing the ever-increasing levels of upset in humans and the threat of terminal psychosis

 

En effet, au début du siècle dernier, c’est à dire il y a longtemps, l’auteur Antoine de Saint-Exupéry a écrit que : « Nous vivons des jours profondément anxieux, et si nous voulons soulager notre anxiété, nous devons en diagnostiquer la cause…Quelle est la signification de l’homme ? À cette question, aucune réponse est offerte, et j’ai le sentiment que nous avançons vers l’époque la plus sombre que notre monde ait jamais connu » [Notre traduction] (A Sense of Life, pub. 1965, pp.127, 219 of 231), et les « jours profondément anxieux » ont très fortement augmenté au cours du siècle qui a suivi, de sorte que nous sommes aujourd’hui en plein milieu de « l’époque la plus sombre que notre monde ait jamais connu » donc cette compréhension soulageante de la signification de l’homme, qui permet de sauver le monde, est donc certainement arrivé juste à tempsce qui signifie que la communauté scientifique doit absolument se mobiliser et de soutenir cette percée !

 

Antoine de Saint Exupery

Antoine de Saint Exupéry (1900–1944)

Cover of ‘A Sense of Life’ by Antoine de Saint Exupery

 

Alors maintenant, je vais répondre à vos autres questions Craig, mais je dois mentionner que la première des vidéos sur le site web du World Transformation Movement avertit de la difficulté que non seulement les scientifiques, mais aussi presque tout le monde, ont eu à affronter et à réfléchir sur le sujet historiquement insupportable de notre condition corrompus, qui a finalement été expliqué et rendu sûr à affronter et à admettre.

 

Craig: Je m’appelle Craig Conway et je parle avec le biologiste australien Jeremy Griffith.

 

 

Partie 3

 

Comment les humains avons-nous acquis notre conscience morale, nos instincts coopératifs et aimants ?

 

Craig: Nous poursuivons notre importante conversation avec le biologiste australien Jeremy Griffith, qui nous explique la condition humaine et comment cette compréhension peut mettre fin à tous les traumatismes et a toutes les souffrances dans le mondeet n’avons-nous pas besoin de cela !

Donc, dans la première partie, Jeremy a expliqué que nous, les humains conscients, sommes devenus colériques, égocentriques et aliénés parce que nous ne pouvions pas expliquer pourquoi nous avons dû défier nos instincts, mais maintenant que nous pouvons l’expliquer et nous comprendre, ces moyens de défense ne sont plus nécessaires et l’espèce humaine est psychologiquement réhabilitée.

Dans la deuxième partie, Jeremy a expliqué que la raison pour laquelle nous avons dû utiliser l’excuse malhonnête des instincts sauvages est que la science devait trouver la compréhension du fonctionnement des gènes et des nerfs, que les gènes peuvent orienter une espèce mais que les nerfs doivent comprendre les relations de cause à effet.

Alors Jeremy, ma deuxième question pour cette troisième partie de l’interview est la suivante : comment nos ancêtres singes semblables aux bonobos ont-ils pu devenir coopératifs et aimants, ce qui, comme vous l’avez dit, doit être à l’origine de nos instincts moraux ou conscience qui, selon Darwin nous distingue des autres animaux ?

 

Jeremy: Oui, en effet, la façon dont nous avons acquis nos instincts moraux a été l’un des plus grands mystères de la biologie. Le primatologue Richard Wrangham la décrit comme « Une question restée sans réponse au cœur de la biologie depuis Darwin » [Notre traduction] (dans une revue du livre Genesis: The Deep Origin of Societies de EO Wilson de 2019). Et Darwin lui-même l’a décrit comme la « seule difficulté particulière » avec son concept de sélection naturelle [Notre traduction] (On The Origin of Species, 1859, p. 209 de 440). La raison de cette « difficulté » et voici un peu de biologie de base pour vousest que les gènes ne peuvent normalement pas sélectionner des traits inconditionnellement altruistes et entièrement coopératifs, simplement parce que ces traits ont tendance à s’auto-éliminer et ne peuvent donc normalement pas s’établir dans une espèceje veux dire, “Bien entendu, vous pouvez être altruistes et sacrifier vos gènes pour moi, mais je ne suis pas prêt à être altruiste et de sacrifier mes gènes pour vous.” Le processus de sélection naturelle dicte que l’opportunisme égoïste exploitera toujours l’altruisme, alors comment un processus aussi égoïste que la sélection naturelle a-t-il pu créer un tel altruisme affectueux en nous ?

La réponse est qu’il a été développé chez nos ancêtres grâce au soins et l’attention portés par la mère. Pour expliquer ce qui est si important à propos de l’attention portée par une mère à son enfant, je dois d’abord souligner que l’instinct maternel d’une mère de prendre soin de sa progéniture est égoïste car elle assure la reproduction de ses gènes en assurant la survie de la progéniture qui les porte. Le maternalisme est donc un trait égoïste qui, comme je viens de le dire, doit normalement l’être pour qu’il puisse se reproduire et se perpétuer dans la génération suivante. CEPENDANT, et c’est très important, du point de vue du nourrisson, le maternalisme a l’air d’être altruiste. Du point de vue de l’enfant, il est traité de façon inconditionnellement altruistela mère donne à sa progéniture nourriture, chaleur, abri, soutien et protection pour apparemment rien en retour. Il s’ensuit donc que si l’enfant peut rester en bas âge pendant une période prolongée et être traité avec beaucoup de soins apparemment altruistes, il sera endoctriné avec cet amour altruiste et immitera ce comportement. Ainsi, le maternalisme égoïste peut entraîner un bébé à l’altruisme. (Le Freedom Essay 21 sur le site Web du World Transformation Movement et le chapitre 5 de FREEDOM expliquent ce processus “d’endoctrinement de l’amour”, comme nous l’appelons, plus en détail.)

 

Craig: Donc, ce que vous dites, c’est que la prise en charge de leurs enfants par les mères est principalement génétiquement égoïste car elle assure la reproduction de leurs gènes, mais pour l’enfant, il semble qu’il lui est donné un amour inconditionnellement altruiste.

 

Jeremy: Oui c’est exact, et si nous pensons aux primates, qui peuvent se tenir partiellement debout du fait de vivre dans les arbres, et de se balancer de branche en branche, et ayant ainsi les bras libres, et peuvent tenir un enfant dépendant, il est donc clair que les primates sont particulièrement facilités pour soutenir et prolonger la relation mère-enfant, et ainsi développer à travers les soins maternels ce comportement altruiste, aimant et coopératif.

 

Bonobo mother carrying infant
Bonobo mother carrying infant

Mères bonobos tenant leur enfant dans leurs bras

 

Et en fait, les bonobos, l’espèce de singes qui vit au sud du fleuve du Congo en Afrique, sont extraordinairement matriarcaux, ou focalisés sur le rôle féminin, et extraordinairement affectueux. Vous pouvez trouver des photos en ligne et je vais en inclure dans le livret de transcription et la vidéo de cette interview (voir page suivante)qui illustrent à quel point les bonobos sont affectueux ; elles montrent des mères bonobos donnant à leur enfant leur attention dévouée et totale !

 

Image of adult bonobo touching juvenile bonobo on chin
Image of the bonobo Lana balancing a juvenile bonobo on her feet

 

 

Image of an adult bonobo holding hands and ‘dancing’ with a juvenile bonobo
Male bonobo and infant (San Diego Zoo)

Frans Lanting/Mint Images/Getty Images; San Diego Zoo (bottom right)

Bonobos prenant soin de leurs enfants

 

Et grâce à toute cette affection, les bonobos sont les plus coopératifs et les plus aimants de tous les primates, ce qui est attesté par ces citations absolument incroyables que j’aimerais vous lire. Barbara Bell, gardienne de zoo, écrit que « les bonobos adultes démontrent une grande compassion les uns envers les autres...Par exemple, Kitty, l’aînée des femelles, est complètement aveugle et malentendant. Parfois, elle est perdue et confuse. Ils la prendront par la main et l’emmèneront simplement là où elle doit aller » [Notre traduction] (‘The Bonobo : “Newest” apes are teaching us about ourselves’, Chicago Tribune, 11 Jun. 1998).

La primatologue Sue Savage-Rumbaugh dit : « La vie des bonobos est centrée sur la progéniture. Contrairement à ce qui se passe chez les chimpanzés, tous les membres du groupe social des bonobos aident aux soins des enfants et partagent la nourriture avec les eux. Si vous êtes un bébé bonobo, vous ne pouvez pas faire de mal…Les femelles bonobo et leurs bébés forment le noyau du groupe » [Notre traduction] (Sue Savage-Rumbaugh & Roger Lewin, Kanzi : The Ape at the Brink of the Human Mind, 1994, p. 108 de 299).

Un cinéaste du documentaire français Bonobos dit, « Ce sont sûrement les animaux les plus fascinants de la planète. Ce sont les animaux les plus proches de l’homme [dans le sens qu’ils partagent presque 99% de notre patrimoine génétique] ...Une fois, j’ai été frappé sur la tête par une branche sur laquelle était suspendu un bonobo. Je me suis assis et le bonobo a remarqué que j’étais dans une situation difficile et il est venu me prendre par la main et a déplacé mes cheveux en arrière, comme ils le font. Alors ils vivent de compassion, et c’est vraiment intéressant à vivre » [Notre traduction] (film d’accompagnement sur la production du documentaire français Bonobos 2011).

Et Vanessa Woods, chercheuse sur les bonobos, nous livre ce témoignage de première main de la capacité d’amour illimitée des bonobos, après l’étude qu’elle a menée sur eux dans leur habitat naturel dans le bassin du Congo : « L’amour des bonobos est comme un rayon laser. Ils s’arrêtent. Ils vous regardent comme s’ils avaient attendu toute leur vie que vous marchiez dans leur jungle. Et puis ils vous aiment avec tel dévouement et abondance que vous les aimez en retour. Vous devez les aimer en retour » [Notre traduction] (‘A moment that changed me – my husband fell in love with a bonobo’, The Guardian, 1 Oct. 2015).

 

Craig: Wow Jeremy, ces citations sont saisissantes, elles le sont vraiment !

 

Jeremy: Oui, ce sont vraiment des citations poignantes–et les bonobos sont nos parents vivants les plus proches, comme mentionné, ils partagent 99% de notre ADN. Nous pouvons donc voir que les bonobos fournissent la preuve parfaite de la façon dont nos lointains ancêtres singes sont devenus coopératifs et aimants.

J’ai ici une autre photo d’un groupe de bonobos reposant dans une clairière herbeuse, que je vais également inclure dans le livret de transcription, et elle correspond parfaitement à la description que j’ai mentionnée plus tôt, que Platon a donnée sur ce qu’était la vie des humains dans “l’âge d’or” de réciprocité conviviale. Platon a dit : « Ils vivaient la plupart du temps en plein air sans habit et sans lit ; car les saisons étaient si bien tempérées qu’ils n’en souffraient aucune incommodité et ils trouvaient des lits moelleux dans l’épais gazon qui sortait de la terre. » Il est clair que nous avons une mémoire instinctive parfaite (si nous ne choisissons pas de la nier) de ce qu’était la vie avant “la chute de l’homme” parce que Platon ne connaissait pas l’existence des bonobos et savait pourtant exactement à quoi ressemblait notre vie de bonobo avant “la chute”.

 

A group of bonobos at the Lola Ya Bonobo Sanctuary, Democratic Republic of Congo

Groupe de Bonobos se reposant dans une clairière herbeuse

 

Maintenant, cette citation est un peu longue, mais c’est un merveilleux souvenir intuitif de l’époque ou notre espèce vivait comme les bonobos, dans un état d’innocence sans aliénation, tout sensible et tout aimant que je dois vous lire. C’est du grand romancier russe Fyodor Dostoevsky. C’est ainsi qu'il nous décrit cette époque : « Les prairies flamboyante de fleurs éclatantes et parfumées. Des oiseaux, par volées venaient traverser l’air et, sans me craindre, ils se posaient sur mes épaules et sur mes mains et me frappaient joyeusement de leurs jolies petites ailes frissonnantes. Et finalement, je vis et je connus les hommes de cette terre heureuse. Ils vinrent vers moi d’eux-mêmes, ils m’entourèrent, ils m’embrassaient. Les enfants du soleil, enfant de leur soleil – qu'ils étaient beaux ! ...​ Leur visage irradiait... ​une gaieté enfantine sonnait dans les voix et les paroles de ces gens... C’était une terre pas encore souillée par le péché originel, n’y vivaient que des hommes qui n’avaient pas encore péché...​Ils ne désiraient rien et ils étaient en repos, ils n’éprouvaient pas cette aspiration à connaître la vie que nous éprouvons nous-mêmes, parce que leur vie était toute plénitude. Mais leur savoir était plus profond et plus haut que celui de notre science...et cela, je le compris, mais je fus incapable de comprendre en quoi leurs connaissances consistaient. Ils me montraient leurs arbres, et j’étais incapable de comprendre le degré d’amour avec lequel ils les regardaient : comme s’ils parlaient avec des êtres qui leur étaient semblables... ​et je suis convaincu que les arbres les comprenaient. Ainsi regardaient-ils toute la nature – les animaux, qui vivaient avec eux dans la concorde, ne les attaquaient pas et les aimaient, vaincu par leur amour...Il n’y avait entre eux jamais de disputes, jamais de jalousie...​ car ils composaient tous une seule famille. » (Le rêve d’un homme ridicule, traduit par André Markowicz, 1877).

Cette description d’être « vaincus par leur amour » ressemble tellement à la description que vient de donner la chercheuse de bonobo Vanessa Woods, lorsqu’elle a dit que les bonobos « vous aiment avec tellement de dévouement et d’abondance que vous les aimez en retour. Vous devez les aimer en retour ». Encore une fois, nous voyons comment notre mémoire est exacte, si nous ne la nions pas, de ce qu’était la vie avant « la chute ».

 

Fyodor Dostoevsky

Fyodor Dostoevsky (1821–1881)

Cover of Dostoevsky’s book The Dream of a Ridiculous Man

 

 

Craig: Cette citation est si merveilleuse, c’est juste incroyable, merci Jeremy, je suis content que vous l’ayez lue. Cette explication du rôle maternel sur le développement de nos instincts moraux semble raisonnablement évidente, et est mise en évidence par ces citations sur le comportement des bonobos et aussi par les photographies des bonobos, alors pourquoi n’en ai-je pas entendu parler jusqu’à présent ?

 

Jeremy: Eh bien, tout comme la vérité évidente que notre espèce vivait en coopération et avec amour, cette vérité que nous avons acquis nos instincts moraux par le soin maternel a été une vérité insupportable alors que nous ne pouvions pas expliquer pourquoi nous, les humains, sommes devenus colériques, égocentriques et aliénés et, par conséquent, avons perdu la capacité à prendre adéquatement soins de notre progéniture avec un altruisme ou amour inconditionnel. La vérité du passé innocent, édénique, tout-aimant et tout-sensible de notre espèce ; et la vérité que c’est par le soin inconditionnel de notre progéniture que nous sommes devenus humains, ont toutes deux étés des vérités impossibles à accepter alors que nous ne pouvions pas expliquer honnêtement notre condition humaine actuelle, immensément corrompue, et expliquer pourquoi notre espèce est devenue si corrompue et incapable de prendre adéquatement soins de sa progéniture. Comme on l’a observé, « les parents préfèrent admettre qu’ils sont un meurtrier à la hache plutôt qu’une mauvais père ou une mauvaise mère » ! [Notre traduction] (John Marsden, Sunday Life, The Sun-Herald, 7 juillet 2002).

 

John Fiske photo

John Fiske (1842–1901)

John Fiske’s book

 

En fait, cette explication raisonnablement évidente que la dévotion et le soin porté à notre progéniture est responsable pour notre conscience morale a été avancée pour la première fois par le philosophe américain John Fiske dans son livre Outlines of cosmic philosophy, publié en 1874, seulement quelques années après que Darwin n’ait publié sa théorie de la sélection naturelle. Et, à l’époque, l’explication de Fiske était en fait reconnue comme étant, et je cite, « beaucoup plus important » que « le principe de sélection naturelle de Darwin » et « l’une des plus belles contributions jamais apportées à l’évolution de l’homme » [Notre traduction] (Dorothy Ross, G. Stanley Hall : The Psychologist as Prophet, 1972, p. 262 sur 482). Et Darwin lui-même est allé jusqu’à écrire à Fiske pour lui dire : « Je n’ai jamais lu de ma vie un exposant (et donc un penseur) aussi lucide que vous » [Notre traduction] (1874 ; Life and Letters of Charles Darwin, Vol. 2). Mais encore une fois, alors que nous ne pouvions pas expliquer notre perte de capacité à prendre adéquatement soin notre progéniture, cette idée « bien plus importante » que le « principe de sélection naturelle de Darwin » a été laissée de côté et a finalement disparu du discours biologique !

Je voudrais souligner que l’explication de la sélection naturelle pour la variété des espèces de Darwin, celle de Fiske et mon explication du développement de nos instincts moraux à travers les soins affectueux portés à notre progéniture, mon explication de l’instinct contre l’intellect que j’ai donnée pour la condition humaine, et l’explication que je donne dans chapitre 7 de FREEDOM sur la façon dont nous, les humains, sommes devenus pleinement conscients alors que d’autres espèces ne le sont pas devenu, sont toutes des explications raisonnablement évidentes, directes et simples qui confirment l’observation du biologiste Allan Savory selon laquelle « chaque fois qu’il y a eu un problème majeur insoluble pour l’humanité, la réponse, une fois trouvée, a toujours été très simple » [Notre traduction] (Holistic Resource Management, 1988, 1re édition, p. 3). (Voir paragraphe 240 de FREEDOM.)

 

Craig: Merci Jeremy. C’est vraiment incroyable d’apprendre comment la science a nié l’héritage coopératif et affectueux de notre espèce, et les origines de cette âme coopérative et aimante. Mais tout cela a vraiment un sensje veux dire que nous avions certainement besoin de la défense de notre condition corrompue avant de pouvoir faire face à la vérité à ce sujet.

Je parle avec le biologiste australien Jeremy Griffith.

Partie 4

 

Comment la réhabilitation psychologique de l’espèce humaine, que l’arrivée de la compréhension de la condition humaine rend finalement possible, se produit-elle réellement ?

 

Craig: Bonjour et bienvenue à la quatrième partie de l’interview. Je suis Craig Conway et je suis ici avec Jeremy Griffith, le biologiste qui vient d’expliquer comment les humains ont acquis leurs instincts moraux. C’est une interview absolument remarquable !

Alors, Jeremy, qu’en est-il de ma troisième question pour cette quatrième et dernière partie de notre interview, qui est de savoir comment se déroule réellement « la réhabilitation psychologique de la race humaine » que cette compréhension nous donne ; avons-nous tous besoin de suivre une thérapie ou quelque chose comme ça ?

 

Jeremy: Eh bien, finalement, cette vraie explicationet en fait très évidentede l’instinct contre l’intellect de la condition humaine permet de lever le fardeau de la culpabilité” sur la race humaine. Elle établit que nous, les humains, sommes bons et pas mauvais après tout. Bien que nous sommes tous inévitablement diversement contrariés, égocentriques et aliénés par nos différentes expositions à la bataille héroïque de l’humanité en quête de connaissance, et enfin de connaissance de soi, de la compréhension de notre condition corrompue, nous pouvons maintenant savoir que chaque être humain est fondamentalement bon. Et cette capacité à comprendre et à savoir qu’il y avait une bonne raison pour laquelle la race humaine est devenue psychologiquement contrariée est la clé, la compréhension soulageante que nous recherchions depuis que nous sommes devenus conscients il y a environ 2 millions d’années et que notre condition corrompue a émergée.

C’est le soulagement essentiel pour notre espritêtre enfin en mesure de comprendre que nous sommes bons et pas mauvais est ce qui nous apporte le plus grand soulagement psychologique de tous. Le psychanalyste Carl Jung a déclaré : « L’intégrité pour les humains dépend de la capacité de posséder notre propre ombre », et puisque nous pouvons maintenant « posséder » l’« ombre » de la condition corrompue de 2 millions d’années de notre espèce, la race humaine est enfin en mesure de devenir entière, intégrée. Le mot “psychose” signifie littéralement « maladie de l’âme » et “psychiatrie” signifie littéralement « guérison de l’âme » (dérivé de psyché signifiant « âme », osis signifiant « état ou condition anormal » et iatreia signifiant « guérison » voir pars 63 et 72 de FREEDOM), mais nous n’avons jamais été en mesure de “guérir notre âme”, d’expliquer à notre âme originelle instinctive que nous, notre esprit pleinement conscient, sommes bons et pas mauvais, et ainsi réconcilier et guérir la division en nousmais maintenant, nous le pouvons enfin.

 

Craig: Eh bien, il y a un adage qui dit : « La vérité vous libérera », donc ce que vous dites alors Jeremy, c’est que la vérité de notre bonté fondamentale est la vérité dont nous avions besoin pour nous libérer de la condition humaine.

 

Jeremy: Précisément, et étant donné que ce soit le principal soulagement dont notre esprit ait besoin, il est évident que plus nous digérons cette compréhension, plus notre condition contrariée et chaque aspect de notre vie s’en verra soulagéet avoir dû supporter d’être injustement condamné comme étant mauvais pendant 2 millions d’années signifie qu’il y a beaucoup de contrariété à guérir.

Pour apprécier à quel point les humains sont contrarié aujourd’hui, imaginez vivre un seul jour avec l’injustice d’être condamné comme étant mauvais, même malfaisant, alors que vous saviez intuitivement, mais sans pouvoir l’expliquer, que vous étiez en fait le contraire de mauvais, c’est-à-dire véritablement merveilleux, bon et signifianten fait pas seulement bon mais le héros de l’histoire de la vie sur Terre ! Vous seriez blessé jusqu’au plus profond de vous-même et furieux, non ! Maintenant extrapolez cette expérience sur 2 millions d’années et nous pouvons commencer à apprécier la frustration et la colère volcaniques qui existe maintenant en nous, les humains ! Bien que nous ayons appris à restreindre et à dissimuler de manière significativeà “civiliser” comme nous l’appelons–la quantité phénoménale de contrariété en nous, sous la surface, nous devons tous bouillir de rage, et parfois, lorsque notre retenue ne peut plus se contenir, cette colère doit s’exprimerd’où notre capacité à commettre des actes choquants de cruauté, de sadisme, de haine, de meurtre et de guerre.

 

A collage showing examples of the volcanic anger in humans: Nazi rally; skulls from Pol Pot regime; Ku Klux Klan; wartime execution

 

Et il n’est pas étonnant que nous ayons mené une existence aussi évasive, pratiquant le déni, menteuse, évitant toute critique, aliénée, superficielle et artificielle, avide, égocentrique, en quête de pouvoir, de gloire et de fortune. Nous avons dû nous étouffer de gloire matérielle pour dissiper le manque de gloire spirituelle qu’offre la compréhension empathique de nous-mêmes.

 

Images showing: a winning sports team; a pile of money; a luxury sports car; and a lavish house

 

Il y a donc en nous, les humains, une énorme quantité de contrariété à apaiser et à guérir, et cela prendra évidemment du temps. En fait, nous devons nous attendre à ce qu’il faudra plusieurs générations pour que la situation s’améliore complètement. Mais la bonne nouvelle, et c’est très important, c’est que même s’il faudra plusieurs générations pour guérir toutes les contrariétés qui existent dans tout le genre humain, chacun peut immédiatement vivre libre de ses propres contrariétés. La raison pour laquelle nous pouvons en être libérés est que, tant que nous ne pouvions pas défendre notre condition corrompue, nous avions absolument besoin des défenses artificielles et des renforcements contre les attaques et critiques de notre condition corrompue, en niant ou bloquant ces attaques, et en cherchant tout renforcement positif possiblela colère, l’aliénation et l’égocentrisme sont ce qui nous a soutenusmais maintenant que nous avons la véritable défense et renforcement de notre bonté fondamentale, toutes ces défenses et renforcements artificiels sont obsolètes, ils ne sont plus nécessaires. En fait, continuer à utiliser les vieilles défenses artificielles de représailles, de déni et de recherche de soulagement par l’obtention de pouvoir, de renommée, de fortune et de gloire lorsque notre bonté fondamentale a été établie est non seulement clairement inutile, mais aussi inutilement destructeur de nous-mêmes, de tout le monde autour de nous et de notre planète. Ce mode de vie est maintenant complètement obsolète, dépassé.

 

Craig: C’est tout à fait logique ; je veux dire que nos façons artificielles de nous renforcer sont rendues obsolètes par le véritable renforcement de nous-mêmes. Une façon de vivre se termine, une nouvelle commence, libérée de la condition humaine –ouf, Dieu merci !!

 

Jeremy: C’est certain ! Il y a juste une autre chose que je devrais expliquer, c’est que le socialisme, le New Age Mouvement, le mouvement politiquement-correct et tous les autres mouvements idéalistes, étaient en fait tous de faux départs vers un monde sans condition humaine parce que la bataille contrariante pour trouver la connaissance, finalement la connaissance de soi, la compréhension de pourquoi nous sommes bons et pas mauvais, devait encore être complétée. En fait, essayer d’imposer un idéalisme coopératif et aimant à notre recherche contrariante de connaissance alors que nous devions encore continuer cette recherche contrariante, a rendu la poursuite extrêmement difficile. Ces mouvements étaient des mouvements pseudo idéalistes qui étouffaient et opprimaient la recherche de connaissance ; ils étaient régressifs, pas progressifs comme ils s’imaginaient l’être. C’est en fait la droite qui a soutenu la bataille contrariante de la quête de connaissance et qui était moralement juste et non le pseudo-idéalisme de la gauche.

Mais cette situation change maintenant que nous avons enfin trouvé la compréhension rédemptrice de notre condition, l’objectif que notre bataille contrariante recherchait. Tout à coup, abandonner la recherche corruptrice de connaissance pour prendre le soutien des idéaux d’amour et de coopération n’est plus un acte oppressif et pseudo-idéaliste, c’est désormais la seule façon de vivre qui soit justifiée ! Soudainement, il n’y a plus aucune raison pour la droite en politique et tout le monde devient effectivement de gauche. En fait, toute la politique se termine essentiellement par la découverte de la compréhension de la condition humaine, et la race humaine tout entière se présente comme un organisme uni, abandonnant la partie colérique, égocentrique et aliénée d’elle-même et soutenant un idéalisme coopératif, altruiste et aimant. (Le pseudo-idéalisme est expliqué plus en détail dans la Video/F. Essay 14 sur le site Web du World Transformation Movement.)

 

Image of clashing fists with arrow to cleanching hands

 

Craig: Oui, mettre fin au monde polarisé de la politique sera certainement l’un des plus grands soulagements imaginables !

 

Jeremy: Absolument Craig. Ce sera un énorme soulagement.

C’est ainsi que le monde entier passe soudainement d’un état psychologiquement colérique, égocentrique et aliéné, de conflit psychologique, à un monde où chacun décide d’abandonner son comportement compétitif et agressif encore à guérir et prend le soutien d’une existence coopérative et aimante.

Ainsi, une compréhension approfondie de la condition humaine met fin au monde insécurisé, contrarié, dépendant du renforcement artificiel, colérique, égocentrique et aliéné. Un nouveau monde coopératif, altruiste et aimant, ou la condition humaine est résolue, émerge maintenant. La lumière afflue dans le monde sombre du déni, semblable à une grotte, dans lequel nous vivons, et ce sera comme se réveiller d’un cauchemar !

 

Computer graphic of people greeting the rising sun with outstretched arms

 

Fondamentalement, avec la capacité de nous comprendre, nous pouvons revenir à notre état coopératif et aimant d’origine, mais cette fois pleinement conscients. Comme le poète T.S. Eliot a anticipé : « Nous ne cesserons pas d’explorer et la fin de toutes nos explorations sera d’arriver là où nous avons commencé et de connaître le lieu pour la première fois » [Notre traduction] (Little Gidding, 1942).

 

Craig: Wow Jeremy, cela a été absolument incroyable, instructif, passionnant, et je ne peux vraiment pas vous remercier assez d’avoir partagé avec nous vos connaissances et votre perspicacité. Penser que la race humaine est transformée juste à temps, c’est, je pense, ce que tous ceux qui ont écouté espèrent.

Et votre livre FREEDOM, encore une fois, est disponible sur HumanCondition.com pour que tout le monde puisse y accéderet il est disponible gratuitement. Alors s’il vous plaît suivez cette interview, écoutez-la encore et encore, essayez de votre mieux de comprendre ce que Jeremy dit ici, et allez en ligne, obtenez les informations et continuez à étudier, et espérons que nous pourrons tous profiter et embrasser un nouveau changement pour le monde, pour nous tous.

Jeremy, ça a été merveilleux de parler avec vous. Merci de nous avoir rejoints, et nous espérons vous parler encore une foismais mieux encore, que nous verrons très bientôt votre travail dans la vie de tous les habitants de la planète.

Je suis Craig Conway, et ceci était mon interview avec Jeremy Griffith.

 

FIN DE L’INTERVIEW

 

Genevieve Salter: Alors tout le monde, n’oubliez pas que vous pouvez tout apprendre sur cette fabuleuse compréhension révolutionnaire de la condition humaine sur HumanCondition.com !!

Et je tiens à mentionner que ce que vous verrez après cette interview est une série de vidéos qui élaborent sur ce qui a été décrit dans l’interviewalors il y aura quelques répétitions, mais un examen plus détaillé des concepts aide à les comprendre et à les assimiler.

Dans la première de ces vidéos, Jeremy nous avertit de notre peur historique du sujet de la condition humaine et de “l’effet de sourd” que la lecture ou l’écoute du sujet de la condition humaine entraine souvent au début.

 

Visitez www.humancondition.com pour visionner le film de cette interview

et pour visionner la série de vidéos d’introduction auxquelles Geneviève a fait référence.